13/10/2024
Un conflit entre l'organiste et le recteur de la Basilique "met le feu" à Rocamadour...
Mise à jour du 14 octobre :
Au cas où on ne s'en serait pas rendu compte, je précise qu'on peut aborder sérieusement une question sans pour autant devoir renoncer à s'exprimer cum grano salis...
Un article est paru ce matin à 6h30 que voici :
https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/lot/cah...
Article qui commence ainsi : Une chatte n'y retrouverait pas ses chatons, un ecclésiastique ses fidèles et un musicien ses notes. Les relations entre l'association Cantica Sacra qui gère le festival de Rocamador (mais pas que) et le Sanctuaire de Rocamadour via son recteur sont devenues très compliquées. Au point de rupture avec une 20e édition du festival qui ne se fera plus avec les 2 protagonistes.
Notons que le journaliste de France 3 est poli, ainsi quand on évoque une situation confuse on parle plutôt de "truie" que de "chatte"...
La confusion, c'est effectivement l'impression qui ressort de cette affaire sauf que l'article éclaire un peu plus notre lanterne sur les circonstance et on commence à y voir un peu plus clair et j'ai retenu ceci : d'après l'article le Sanctuaire aurait rompu unilatéralement la relation avec l'organiste pour la partie de son job proprement liturgique. Je cite :
Un succès dû à l'association CSR et à son directeur Emmeran Rollin, ce que ne conteste pas le Père Millet arrivé comme recteur en 2018. "Je trouve cette situation dommageable. C'est un homme de qualité, un très grand organiste."
Les relations entre les 2 hommes et les 2 entités qu'ils représentent sont pourtant devenues impossibles. En 2020, l'une des conventions entre le sanctuaire et CSR portant sur le volet liturgique est rompue unilatéralement par l'Eglise. Emmeran Rollin ira même devant les Prud'hommes contre le Sanctuaire de Rocamadour et le Diocèse de Cahors, car il estime être devenu leur salarié. Il perd le procès en première instance juillet 2022 puis condamné en deuxième par la Cour d’appel d’Agen à payer 1 000€ à ses adversaires.
C'est là, que tout a commencé et on ne connaît pas le motif de cette rupture unilatérale. Or d'après une autre source l'organiste n'avait pas été "titularisé" ce qui implique un contrat de travail or l'artiste estimait être devenu le salarié du sanctuaire. Et ne l'étant pas il s'est planté devant la juridiction prudhommale. Et point important c'est ensuite qu'il a changé la serrure menant à la tribune.
A mes yeux de juriste, il est clair que l'organiste aura été mal conseillé et continue du reste de l'être par un avocat qui soutient la thèse de la propriété par l'association tout en voulant clamer le jeu en disant à présent qu'il n'aurait pas été dans l'intention de Emmeran Rollin de démonter l'instrument.
Je peux évidemment me tromper je ne suis pas omniscient. Je rappelle que l'orgue a bien été conçu pour le sanctuaire en remplacement d'un électropneumatique défaillant il a donc été voué en premier lieu à un service liturgique, il fait partie du Sanctuaire son intégration particulière le prouve et çà n'est absolument pas discutable.
Enfin il est curieux de constater que la Mairie aurait déclaré se désintéresser de l'instrument... Alors qu'elle en est indirectement propriétaire...
Je constate une fois de plus qu'on vit dans un monde où l'incompétence tend à affecter la couche sociale qui devrait incarner une véritable élitisme..
Il s'agit d'une déclaration assez malheureuse et les dérives peuvent malheureusement aller jusqu'à des provocations assez sinistres comme les parodies grotesques et plus ou moins apocalyptiques ayant entouré le JO 2024, encore que dans ce cas de figure il conviendrait de cesser de parler à tort et à travers de "satanisme" quand il ne s'agit que de fêtes carnavalesques hors saison. Passons...
Il manque une info et c'est le caractère et le tempérament de l'organiste, à savoir qu'il a bien fallu une raison ou au moins un prétexte pour que le Recteur rompe la convention dès 2020 portant sur la collaboration proprement liturgique.
Je veux bien croire que l'apparition d'un nouveau Recteur au tempérament rigide ait joué un rôle mais un élément "commercial" est à prendre en compte. L'association fait de l'argent avec les concerts et les concerts ne sont pas limités au Sancturaire et assez d'argent pour payer 3 salariés, est-ce à longueur d'année. L'organiste est inscrit sur un site pro bien connu :
https://fr.linkedin.com/in/emmeran-rollin-02528435
Sous la photo de l'intéressé ont lit ceci :
Organisation d’évènements culturels
Réflexion et mise en œuvre de nouveaux projets
Pratique artistique de haut niveau
Coordination et encadrement
Grande ouverture et curiosité du monde culturel
Grand sens relationnel et capacité d’écoute
Dynamisme et rigueur
Sens de l’organisation
Specialties: Utilisation Word, Excel, Filemaker, photoshop...
Permis B
Encadrement de camp de jeunes
Et on découvre le site web de l'entreprise : https://www.rocamadourfestival.com/ ainsi que la référence à une formation auprès d'un institut toulousain d'art et de désign (sic). Rien à voir avec une faculté de musicologie...
Et il s'agit d'une "grosse" et même "très grosse affaire".
Et que vient faire dans le tableau des spécialités informatiques, un permis B et surtout la mention d'une possibilité d'encadrement de camps de jeunes...
Tournez çà comme vous voulez, il y a là quelque chose d'assez "dissonant" de la part d'un musicien d'église.
Je dessers un orgue historique petit (un clavier) mais remarquable, il donne lieu a une série de concerts d'orgues en août. Il est clair que si je n'avais pas remis en valeur l'instrument dans les années 90 l'association paraliturgique qui s'est efforcée de faire revivre des traditions telles que la "fête des limaces" (Fête Dieu avec circuit de "reposoirs") personne n'aurait jamais eu l'idée de lancer ce festival. Or il est systématiquement boudé par les paroissiens tout simplement parce qu'il fait église comble et que les dimanches ordinaires on ne compte pas plus de 30 pèlerins en comptant les divers officiants du choeurs, les 2 organistes et les chanteuses.
Découvrant l'importance du festival en matière de chiffre d'affaire présumé, il n'est guère difficile d'augurer de ce qui a pu se passer quand bien même les torts seraient partagés.
L'idée que l'on peut se faire par la psychomorphologie en comparant les deux photographies dont on dispose et que le prénommé Emmeran est devenu quelqu'un de très "carré" qui ne se laisse pas monter sur les pieds.
A propos des 16 000 € pour dépoussiérer l'instrument
On apprend que le nettoyage des voûtes a été réalisé sans protection de l'instrument. Or le sanctuaire est classé monument historique la chose n'a pas pu se faire sans que la DRAC ne surveille l'opération, logiquement ce serait à elle d'assumer le nettoyage ou au fonctionnaire qui a fauté et ce au titre de la responsabilité civile (ancien article 1382 devenu 1240).
Un prénom à l'étymologie singulière
Emmeran (ce prénom délicieusement "médiéval") vient du germain "heim et hramm" Signifiant: "Maison et corbeau" Se fête le 22 septembre.
Tout un programme, assez peu latin et en Occident le "corbeau" est très mal connoté, perché sur une maison il est censé annoncer une mort...
Il n'y a qu'au Tibet que cet oiseau jouit d'une certaine faveur. On a noté qu'un rassemblement de ces volatiles se seraient donné RV sur la maison natale du "grand Quatorzième", je parle d'un certain Tenzin Gyatso
07:41 Publié dans Milieu catholique, Milieu organistique | Lien permanent | Commentaires (0) |
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