Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/10/2019

Célibat des prêtres, place des femmes: les chiffons rouges d'un synode sur l'Amazonie...

amazonie.jpg

Puisqu'il a été question, dans des précédents post d'une question de moeurs qui fait encore problème, voici un sujet religieux qui constitue une belle occasion de mettre les pendules à l'heure dans ce même domaine et, puisque votre serviteur se trouve être un assez fin connaisseur des traditions religieuses, et de la chrétienne en particulier, c'est l'occasion ou jamais de clarifier certaines choses. C'est absolument nécessaire quand on a vu un prélat confondre le "mariage des prêtres" (non canonique) avec l'ordination d'hommes mariés.

Voir pour commencer cet article dont j'ai emprunté la photo.

Le retour à l'ordination d'hommes préalablement mariés serait une excellente chose

Oui sauf que si ce fut la tradition et qu'elle reste la règle au sein de l'orthodoxie, il existe des obstacles dont il faut avoir consciente.

C'est au concile d'Elvire (305 ou 306) que, pour la première fois, on a voulu imposer l'abstinence sexuelle aux prêtres séculiers. c'est-à-dire aux prêtres en relation directe avec les fidèles contrairement aux moines du clergé dit "régulier" car soumis à une règle plus ou moins draconienne.

Sauf que ce "météore" a mis plusieurs siècles pour s'incarner.

C'est en 1139, que l'on met les bouchées doubles, le second concile de Latran énonce par une nouvelle loi que seuls les célibataires peuvent devenir prêtres. Et le concile de Trente en 1545 valide. Et condamne ! «Celui qui dit que l'état conjugal est préférable à l'état de virginité et de célibat, qu'il soit anathème».

Si ma mémoire est bonne c'est à la même époque et dans les mêmes condition que le mariage chrétien a été formulé. Auparavant, les curés se bornaient a bénir la couche des futurs époux et les fiançailles quoique rituel purement profane étaient pour ainsi dire "sacrées".

L'obligation du célibat n'a fait que susciter des illusions chez certains "sodomites"

Au moyen âge on ne peut pas parler d'homosexuels. Le terme date du XIXème. "Pédé" ne convient pas davantage.

Cela dit il faut nuancer ! Chaque famille huppée se devait de fournir un fils à l'Eglise. Nécessité faisant loi, certains se sont "convertis" avec plus ou moins de réticence. Toujours est-il que plus tard, passé le moyen-âge soit à l'époque où l'église a du tabler essentiellement sur des vocations, il est clair que beaucoup d'hommes se sentant élus se sont abusés. Constant leur peu d'intérêt envers les femmes, ils se sont abusés et au contact d'un milieu exclusivement masculin et de la relative promiscuité des séminaires, ont souvent découvert leur véritable nature.

Toutefois en lisant Sodoma le livre de Martel, je me suis rendu compte qu'à une époque plus récente, beaucoup de jeunes de bonne famille ont vu dans le célibat ecclésiastique un moyen d'échapper à des mariages plus ou moins arrangés et ils ne fait plus aucun doute qu'un certain nombre ont vu là un bonne occasion d'assumer des penchants dont ils étaient plus ou moins conscients. Cela dit cela n'en a pas fait pour autant des "pédophiles"... Je rappelle que dans ce domaine on a tendance, dès qu'il est question de mineurs à parler à tort et à travers de "pédophilie", terme qui ne convient que pour des garçons franchement impubères. Dès qu'on sort de ce cadre il s'agit en fait de "pédérastie" et l'on retombe empiriquement sur le modèle grec et en réalité un modèle qui a toujours été en honneur dans les castes guerrières. Voir les dires des historiens antiques à propos de nos ancêtres les Gaulois.

Cela dit est pour simplifier, je suis tout-à-fait d'accord avec un certain cardinal pour dire que c'est bien un problème d'homosexualité. Du moins majoritairement, il y a certes des curés qui aiment les "petites filles" mais c'est plus rare... Le seul problème est qu'il existe un interdit positif...

Serait-ce une hérésie que d'ordonner à nouveau des hommes mariés ?

Il n'y a guère que des prélats qui veulent camper sur le statu quo parce qu'il préfère la compagnie des jeunes hommes à celle de femmes qui peuvent s'insurger.

Les églises orthodoxes insistent pour que leurs prêtres séculiers prennent femmes avant l'ordination. Ce n'est pas une obligation absolue mais c'est vivement conseillé pour des raisons qui sont aisées à comprendre. On ne va pas aller se confesser à propos d'histoires de cul à des hommes qui, sur ce plan, doivent faire ceinture. De sorte qu'il est absolument interdit à des moines de confesser des laïques.

Il est clair que, si du côté romain, on avait conservé la pratique qui prévaut côté oriental, on n'aurait vu surgir les nombreux scandales à base d'abus sexuel  que l'on sait pour la simple raison que les "gays" éventuels n'auraient eu que le choix d'une voie purement monastique, où moyennant la clôture qui caractérise cet état, des dérapages n'eussent point été en situation de faire tâche. A ce propos, il faut encore s'en remettre à John Boswell et à son livre intitulé Christianisme tolérance sociale et homosexualité.

Les obstacles envers un retour à la pratique d'ordination d'hommes mariés

Le premier obstacle est une question de "pureté rituelle", soit une règle dérivée de celles imposée aux Lévites. A savoir, l'abstinence imposée dans la nuit précédant, côté chrétien, le saint sacrifice. Ce qui veut dire qu'à partir du moment où l'on déciderait de revenir à l'ancienne norme, il serait exclus d'imposer une messe quotidienne ! cela dit, je ,ne pense pas que cela puisse poser de véritable problème.

En revanche, il existe un obstacle dirimant et il est purement économique. Les fidèles se devraient de faire vivre non pas un homme mais sa famille, comme chez les protestants. Or vu l'état de faillite du denier du culte, il ne faut pas trop rêver. du moins sous nos latitudes tempérées. En Amazonie et dans le Tiers Monde, c'est tout à fait différent : il existe un sens communautaire qui permet d'assumer le coût de la chose.

Dernier obstacle et sans doute le plus considérable : si les prêtres séculiers viennent à prendre femmes avant d'être ordonnés, et bien les évêques n'auront plus la loi. Plus question de les occuper par une entreprise de "réunionite aiguë" comme il est de coutume.

Quant à l'objection selon laquelle un homme marié serait moins disponible qu'un célibataire, elle ne tient pas la route ! Comment font les médecins ? Je n'en connais aucun qui soit célibataire. Cela doit bien exister mais c'est assez rare !

Ce que craint l'arrière garde "intégriste"

Elle craint évidement la "contagion" mais c'est assez franchement dérisoire car il ne faut tout de même pas oublier que lorsque le Vatican intègre à son propre personnel des prêtres mariés avant d'avoir été ordonné, il leur conserve leur statut. Simplement la limite est qu'au sein de l'orthodoxie, un prêtre venant à être consacré évêque doit requérir l'autorisation de sa femme et cette dernière doit accepter d'entrer dans un couvent.

Le cirque auquel on assiste à propos d'un certain synode est chose dérisoire et ne passionne les foules que parce qu'on néglige de leur rappeler certains faits d'histoire.

Mon lectorat étant composé essentiellement d'organistes, cette mise au point à des chances d'être utile. Et je pense, pour ma part, que beaucoup de fidèles verraient d'un bon oeil le retour à la pratique des origines. Mais il faut le répéter, il existe plusieurs obstacles que je tiens pour insurmontables.

Que va décider le pape François ? Personnellement, je m'en moque, ce n'est pas mon affaire.

Quant à la liturgie, il faut raison garder, l'ancienne avait un peu trop le goût de l'opium et la nouvelle fait sauver les gens. Je laisse à chacun le soin de décider quant au fait de savoir si la situation actuelle n'est point par certains côtés, plus saine à condition de continuer à se poser certaines questions. Sauf que les vraies questions on les évite...

Les commentaires sont fermés.